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Sortilège - Journal macronique

Il y a quelques années, après une rupture un peu plus extravagante que les autres, j’entrepris une psychanalyse.
Je n’étais pas en mesure de mettre un mot aussi clair sur ce que j’entreprenais. Je n’étais plus en mesure d’entendre les conseils et les recommandations de mes meilleures amies. Je tombais dans tous les pièges et me cognait à tous les murs. J’avais le besoin urgent de parler à… un professionnel.
Je choisis dans l’annuaire de dans mon quartier la première psychiatre de la liste — il fallait que ce soit une femme — pressentant que si elle était formée à guérir les maladies mentales, elle pourrait venir à bout de mon gros malaise post-rupture...

Toute de noir vêtue, amincie par la peine, j’arrivais dans un appartement dont une pièce avait été convertie en salle d’attente et un coin du salon en cabinet de consultation.
Cette dame aux cheveux gris avait beaucoup de livres et un lieu de travail plaisant. Je la payais pour qu’elle m’écoute. Je n’avais aucun mal à livrer mes secrets les plus intimes. Pour la première fois, j’eus l’impression que cette écoute était attentive, « pointue » et bienveillante. Parfois, ma « psy » reprenait un mot que je venais de prononcer, à d’autres moments elle résumait ma pensée par une expression, ou un proverbe qu’elle répétait souvent.
Elle semblait voyager en touriste dans ma tête, apte à voir et à comprendre le monde que l’on m’avait créé et que je reconstruisais depuis lors autour de moi. Sans elle, je n’aurais pas été capable de comprendre un peu de quoi il retournait.
Au fil des séances, il devient évident que la rupture était l’arbre qui cachait la forêt.
Un jour, je lui ai révélé que j’écrivais une histoire de sorcière. Elle m’a demandé de lui raconter. J’ai raconté « Patana », le réel et ce qui ne l’est pas. L’histoire de cette femme condamnée à ne plus être vivante, mais imaginée, irréelle…
Je lui donnais du grain à moudre, je l’ai su au moment où les mots sortaient de ma bouche, puis j’ai oublié. Elle m’a fait répéter ce mot « irréelle ». Je l’ai répétée bêtement sans comprendre. Elle a dû me demander si j'étais la condamnée, la sorcière Patana. J’ai dû lui répondre que non, que j’étais dans tout ce que j’écrivais, pas dans un seul personnage.
Sans comprendre.
Sans comprendre.
Plus tard, j’ai compris que j’étais l’histoire. Je ne pouvais vivre sans transformer ma vie en histoires à raconter, pas forcement à écrire, mais à raconter, la moindre anecdote, la raconter, la rendre vivante, ou plutôt en faire quelque chose de visible de moi, pour les autres.
Serais-je Patana la condamnée ?
« Je », est dans l’histoire : il ne peut pas, ne pas être raconté.
C’est pour cela cette fuite et ce désir devant mon clavier...
Souvent, le besoin de ne pas m’y rencontrer.
Patana, vous pouvez la lire sur les sites mentionnés, ici.

Patana sorcière, sur la fnac (Kobo)

Patana sorcière, sur Amazon (Kindle)

Patana Sorcière sur votre telephone ou ce que vous voulez


Merci de « me » lire…  

mh,

Catégories : Journal Macronique 0 commentaire Imprimer Pin it! Lien permanent

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