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Une chambre à "moi" - Journal Macronique

bureau, mh,J’ai une très grande chance: j’ai “une chambre à moi”. Un lieu où je peux écrire, lire, stocker certains de mes livres, mes vieilles machines à coudre, réparer celles-ci écouter de la musique…
Je le vois comme un privilège: vivre avec 2 autres personnes un homme un enfant et que cet endroit soi le mien, pour le temps qu’il le sera.
Rien n’est écrit nulle part, je n’ai aucun titre de propriété, mais je suis là. Un mug à thé aux oiseaux sur le bureau, le soleil entant en biais par la fenêtre, se reflétant dans l’écran de mon ordinateur, m’empêchant parfois de lire les mots que j’écris. Vite ! Il faut que je profite du soleil. Arrêtez tout ! Le soleil entre par la fenêtre ! Au premier étage de l’immeuble, le soleil est rare, bientôt il ne sera plus là. Il passe au travers des pierres que m’a vendues la fille d’une amie pour leurs bienfaits, illumine un gros quartz rose offert par une dame plus âgée qui me veut du bien et frappe mon clavier où court l’ombre de mes mains.
J”aime le bruit de ce clavier:  les touches que je frappe font un bruit de bulles qui explosent.
Je vais profiter de ce moment. Ma fille vient de partir au collège en insistant pour que je l’embrasse même si la veille en dépit de tous mes principes éducatifs j’ai hurlé à son encontre et qu’elle a répondu sur le même ton.
Ce matin j’ai cliqué sur ma page face book: j’ai eu le temps d’apercevoir notre nouveau roi et sa photo officielle, celle que l’on affichera dans les mairies avec ce gros collier de la légion d’honneur autour du cou. Bizarrement j’ai eu un peu peur. Et puis quelque chose en moi c’est recroquevillé; un peu durci, lâchant la bride à des pensées mauvaises: qui est-il donc pour porter ce lourd collier d’or ?
Je pense à mon grand-père, à mon père, oui je sais, je dois me libérer du passé, de la douleur de ces autres de leur gloire d’avoir enduré ce qu’ils ont enduré. Mais ce jeune roitelet sait-il bien ce qu’il porte ? De quel or cet or est-il construit ?
Du bas de mon instinct de mon manque de culture politique, j’ai l’impression que cet homme est une autre de ces potiches, mise là pour remplacer la précédente et se couler dans les ors de la République.
Il est là où nous ne savons pas être; il nous faut tellement de temps pour que les échos de voix muselées par ceux qui savent mieux, nous parviennent. Aurons nous le temps, avec nos vies, avec notre rythme d’humain fragile et occupé à nourrir sa couvée, à agir plus vite, créer du mouvement au lieu de le suivre, malgré les imprécateurs, les experts qui toujours sauront mieux que nous ce qui est bon, en nous affirmant que nous nous trompons.
Une vie passe et nous n’aurons rien fait, et ceux qui ont ce temps-là pour penser, pour faire autre chose que survivre, penseront et agiront à notre place.
La vie passe et je n’aurai donc rien fait que rappeler les souffrances de mes morts et de mes vivants, m’appropriant leurs histoires.
Qui sera donc ce roitelet que nous avons élu ?
Reste t-il une chance qu’il cache un humain agissant pour le bien commun ?
Sans doute en est-il convaincu...
Troisième jour en Macronie et je pleure en écoutant quelques notes.
Le soleil n’a pas encore quitté la pièce, il est 11h15.

mh,


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Catégories : Journal Macronique 2 commentaires Imprimer Pin it! Lien permanent

Commentaires

  • Bonjour
    Je me permet un petit mot pour vous dire que j'aime beaucoup votre style d'écriture
    Merci pour ces beaux moments de lecture
    Catherine

  • Merci !

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