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Comment réformer avec un peigne ? - Journal Macronique.

- Moi, je crois que c’était voulu : on nous l’a fait choisir mignon ! Lance Eulalie.
- Bien coiffé, aussi… Tu crois que cela faisait partie des critères ? demande Louise.
- Quand tu vends quelque chose, il vaut mieux que l’emballage soit joli. Répond Eulalie
- Sur l’emballage, il y avait juste écrit : « Programme  “…. Mignon, qui travaille bien à l’école…….” » Et au deuxième tour, il ne restait plus que  “ERADICATEUR DE NUISIBLES”, ajoute Janine.


Janine, Louise, et Eulalie, se réunissent plusieurs fois par semaine dans un petit café parisien du XIVème, au coin de la rue Daguerre et de la rue Boulard.

Se rendant compte qu’avec l’âge, elles finissaient par ne plus parler que de leurs ennuis de santé, elles se l’interdisent désormais. Elles abordent tous les sujets mais évitent ceux qui pourraient évoquer l’issue fatale.

- Parfois je me dis que je suis idiote, continue Eulalie après avoir commandé un deuxième grand déca au patron derrière le bar. Il vient d’où ton sac à main ?
- C’est moi qui l’ai fait.
- Des idiotes avec un bulletin de vote… Tant que je ne suis pas bornée et fermée à toutes nouvelles idées, que j’essaye de réfléchir deux secondes à ce qui se passe autour de moi, je ne vois pas pourquoi je serais idiote, dit Louise. Tu es vraiment douée, Janine.
- Elle a raison, tu es douée, fit Louise, je suis jalouse de ton sac.
- Ma robe aussi je l’ai cousue, et vous n’avez rien remarqué ! !
- Elle est cachée sous ton pardessus. Même à 20 ans mes yeux ne perçaient pas le coton enduit. Montre …
Louise se lève, enlève son pardessus et découvre une étrange robe déstructurée en lin couleur  “ficelle foncée”.
- Tu es douée qu’est-ce que tu veux. Et, tu as bon goût.
- Cette réforme du travail, ils l’ont déjà tentée une fois. Là ils changent le haut de la pyramide et ils recommencent, continue Louise en se rasseyant.
- Alors toi tu penses que leur tête de filous bien peignés c’est voulu ?
- Je crois que si ce n’est pas voulu, ça ne fait pas de mal à leur “couverture médiatique”.
- « La politique des jolis images qui bougent”. Tu m’apprends à faire des robes comme la tienne Louise, demande Eulalie.
- Moi aussi, moi aussi, ajoute Janine qui dans un élan d’enthousiasme, bouscule la petite table autour de laquelle elles sont installées. Le verre d’eau d’Eulalie se renverse sur la belle robe de Louise.
- C’est malin, fait Eulalie à Janine.
- Je suis désolée, s’excuse Janine.
- C’est que de l’eau, tempère Louise en s’essuyant. Allez demain vous venez chez moi, je vous apprends quelques trucs de couture et on cesse de causer de tous ces coiffés.

Eulalie et Janine approuvent. Elles règlent leurs consommations, se lève lentement, salut le garçon, et le patron derrière le bar. Il est 16 heures, Janine propose d’offrir des pâtisseries. Elles les dégustent dans le petit square face à la mairie.
La pluie cesse de tomber. Les bancs sont presque secs. Il fait un peu froid. Un temps un peu étrange pour un mois de juin.

mh, du XIVème.

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