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La lettre de mh - Page 6

  • Des écailles, des dents, des femmes et quelques hommes.

    La barmaid qui nous servit les planteurs et les bières, avait une chevelure blonde lisse un peu abîmée et des yeux cernés.

    Orlyouest et « l’assassin » ne la voyaient pas. Ils n’avaient d’yeux que pour la chanteuse qui s’égosillait sur la scène dans son petit haut écailles de poisson et son pantalon en cuir noir.

    Entre le temps ou nous avions discuté avec elle pendant la balance, et le début du concert, elle avait enlevé son pull et mis du rouge sur ses lèvres. Cette femme longue musclée et plutôt masculine bien que fine, ne m’émut pas le moins du monde quand elle chanta. Elle me semblait techniquement au point, mais « absente ».

    - Alors, fit Orlyouest à mon oreille.
    - Les musiciens sont très bien.
    - Et elle, elle a quelque chose ? Hein!
    - Bouairffff………

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  • Diamants d'eau

     

     

     

    Pourquoi les idées me viennent-elles le plus souvent sous la douche, lorsque je suis pleine de savon ?

    Certes, cela vaut mieux qu'une coupure d'eau.

    Mais imaginez que je ne fasse pas partie de ce tiers de la population mondiale bénéficiant de l'eau courante ? Là, vous liriez autre chose, et moi ailleurs, je puiserais l'eau avant de me laver précautionneusement avec une eau rare dont chaque goutte sur ma peau me ferait l'effet d'un miracle.

    Je me souviens, quand j'accompagnais ma grand-mère au lavoir. Il y en avait cinq ou six dans ce village de trois cent habitants où mes parents vivent encore.

    B. est situé non loin du fleuve Adour, et est traversé d'un canal et de nombreux ruisseaux. Il reste deux lavoirs je crois.

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  • Jorgue et/ou les extraterrestres.

    - Y’a des moments je me demande si je vais pas me laisser enlever par les extra-terrestres. Ça me va ?
    - Pas mal.
    - Seulement pas mal ?
    - Très bien.

    Je me tourne devant le miroir pour mieux voir mon dos et ce qui en résulte.

    - Je crois que j’ai grossi.
    - Non je te dis ça te va.
    - C’est pas que ça me va qui dis que j’ai pas grossi !

    Jorgue assis sur le canapé, absorbé par la lecture des journaux, regarde d’un œil distrait mes virevoltes d’essayeuses et fait mine de s’intéresser à la conversation.

    - Ils t’ont déjà contactés ?
    - Qui ça ?
    - Les extra-terrestres.

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  • mh, à l’étouffée.

    -          Jorgue, je t’ennuie ?

    -          Rarement.

    -          Moi en ce moment, je m’ennuie.

     

    Jorgue est venu. D’un monde qui n’existe plus. D’un monde où mon temps de cerveau était beaucoup plus disponible à lui, à mes amis, à la lecture, à l’enthousiasme, à la colère, à l’écriture.

    D’un autre monde.

    -          C’est grave si je suis là ? dit Jorgue en regardant la porte.

    -          Non, je suis en congé maladie. J’ai le droit d’être malade et qu’un ami vienne me voir.

    -          Tu réponds comme si tu voulais t’en convaincre.

    -          Peut-être. Je vieillis aussi.

    -          T’es pas la seule.

    -          C’est bizarre quand même cette histoire de vieillir.

    -          Oui.

    -          Oh toi, t’as l’air de rien, t’es aussi gravure de mode qu’il y a dix ans.

    -          Merci.

    -          Tu ne peux pas me dire ça à moi parce que moi je n’ai jamais été gravure de mode.

    -          …

    -          Bon, pourquoi t’es venu Jorgue ?

    -          Pour visiter une amie malade.

    -          T’aurais pu dire… Tu vois, t’as pas dit… « Une gravure de mode en congé maladie. J’aurais aimé. Même une vieille, une vieille gravure….. »

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  • Jo-Jazz

    Tagada, tap tap tap. Il n'aimait pas le bruit de mes doigts sur le clavier. Il triturait son instrument. Il jouait sans souffler et cela faisait un bruit humide qui ne devait pas m'énerver puisque, moi, je l'aimais.

    - Écoute là, je l'ai bien là hein ?

    - Oui, répondais-je consciencieuse, m'arrêtant de penser pour entendre les plouc plouc des tampons de son saxophone.

    - Je le tiens, écoute là je le tiens !

    Il levait la tête, fermait les yeux. Ses doigts dévalaient le long du Selmer à toute vitesse. Les plouc plouc avaient du charme à ce rythme. Je n'aurais jamais pu lui avouer mais parfois je les préférais dans notre intimité à d'autres morceaux de Parker dans le monde.

    En final, il pinçait les lèvres, sa tête se balançant bizarrement vers son épaule gauche. Et lorsque le dernier plouc résonnait encore dans le studio, il ouvrait les yeux et éclatait d'un rire conquérant, irrésistible.

    mh,

  • Collection démodée (suite): le premier mari

    - Toi ?
    - Quoi moi ?
    - Tu ne déménageras pas avant que l'immeuble te tombe dessus.
    - Tu crois pas que je ferais bien de partir en vacances avant ?
    - Avant quoi ?
    - De déménager tiens.
    L'homme de mes amis éclate d'un rire énorme et déplaisant.

    - mh, tu devrais trouver un autre boulot, ensuite tu partirais en vacances et après tu déménagerais…
    - Ce que tu peux être logique alors ! … Mais en fait ta logique n'est pas logique, parce que je pourrais bien mieux trouver un nouvel appartement et un autre boulot SI je suis en forme et pour être en forme, je crois que je devrais partir en vacances loin. De toute façon je ne sais pas si je suis logique. Et je ne suis même pas sûre d'avoir envie de changer de boulot, et d'appartement et de partir en voyage…
    Il rit, il rit encore.
    Comme il me fatigue !

    - mh, dit-il entre deux hoquets qui le rendent sommes toutes assez ridicule, qu'est-ce que tu veux ?
    - Comment qu'est-ce que je veux ? Pourquoi tu me poses cette question ?
    - Je te pose une question. Tu n'es pas obligée de répondre.
    - Qu'est-ce que tu insinues ?

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  • Vie quotidienne : réflexions chroniques.

    lavelinge54.jpgBon alors maintenant que je fais mes yaourts, mon pain, de la couture, un poil de ménage un dixième de repassage, la cuisine avec des produits frais, de la soupe, des petits gâteaux, parfois de la confiture, pousser des légumes sur mon toit :
    J'AI le droit de garder mon lave-vaisselle ?
    Je veux bien décroître. Pas m'offrir les derniers tintouins à la mode.  Faire de la récup à tout va, gagner moins et dépenser de même (on peut) ? Mais y'aurait pas moyen -s'il n'y a plus de pétrole, d'électricité, de pas grand-chose- y'aurais pas un tout petit peu moyen de construire... comme des pédales... pour que le lave-vaisselle fonctionne ?
    Même au cas où tout devient pire ?

    Ah ?

    On pourrait manger avec les doigts ?
    Dans des feuilles ????
    …
    …
    ...
    Mais... QUI va laver les cocottes ???

    mh, potagère, ménagère etc.

     

    L'image est celle d'un lave-linge mais c'est pour donner une idée à ceux qui veulent creuser le sujet...

  • Slogans du printemps Espagnol en Français !

    Quelques slogans:

    • Nous ne sommes pas sur Facebook, nous sommes dans la rue
    • Travail, famine, pâtes riz
    • Ici c’est le peuple qui commande et le gouvernement qui obéit
    • Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir
    • Ce n’est pas un indice de bonne santé que d’être bien adapté à une société malade
    • Regarde bien ta Rolex, c’est l’heure de la révolte

    La suite là:

    http://www.retraites-enjeux-debats.org/spip.php?article596

    mh, qui cite.

     

  • mh, remise à sa place... (C'est d'actualité non ?)

    espace.jpgTout a commencé lorsque j'ai voulu mettre de l'ordre. Une belle initiative de jours d'été n'est-il pas ?
    Il fallait que je gère mes "tas", de papiers, de documents divers et variés, avec la même conviction que j'enseignais aux autres à les ordonner.
    Je me suis assise, j'ai regardé autour de moi quand une évidence soudaine m'a frappée: Pas de place.
    Non que je vive dans un bouiboui infâme, mais chaque objet, chaque meuble chaque livre sont calé pour rendre la vie agréable en cet endroit à une seule et unique personne et peut-être deux occasionnellement.
    Comme j'avais l'humeur badine, j'ai mentalement noté:

    que je vivais dans un endroit ou j'avais la place pour vivre seule ou très petitement accompagnée.

    que la majeure partie de mon espace était, certes joliment, mais grandement occupé par des livres

    qu'à étendre le sens du mot "place" dans toutes ses dimensions, je comprenais mieux et avec une stupéfaction grandissante les quelques moteurs principaux de la vie.

    J'allais sans doute trop vite en besogne, mais j'avais l'impression que, comme à la fin d'une histoire, une grande partie des "fils" se rejoignaient en une logique imparable.

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