Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La lettre de mh - Page 2

  • Jour de viande… ou angoisse préhistorique.

    b53935ae46f9bb6151c18ce2870f0593.jpg

    Ce matin, vêtue de mes peaux de bêtes les plus fines et armée du gourdin habituellement dissimulé dans les fourrés qui masquent l'entrée de ma caverne, j'attends le visiteur annoncé par les signaux de fumées de ma voisine Argaoum. (sic)

    L'angoisse monte, il fait un froid de chien baltique, pourtant des gouttes de sueur perlent à mon front. Argaoum n'est pas experte en signaux de fumées (râle pas Argaoum, c'est vrai) mais ils avaient la consistance de ceux qui annoncent le redresseur d'impôts ou la meute de loups affamés.

    Si vous étiez attentif à mes propos et aux péripéties d'une vie de mh, vous vous demanderiez, pourquoi cette pauvre enfant revêt ses atours tannés de frais et courts coupés pour accueillir l'inconnu menaçant. Sachez, mesdames et messieurs, qu'en ces temps préhistoriques, lorsque vous êtes une fille seule à chasser le bison avec les copines, il faut savoir saisir l'occasion de confier les tâches les plus ardus au moindre dominant de l'espèce qui se présente. En ces temps obscurs, il y a moins de risques à agencer la déco de la caverne ou à cueillir des bais en vous faisant lutiner par Nestor- homme malin et végétarien- qu'à courir après les protéines.

    Lire la suite

  • Gare au gorille.

    kingkong.jpgY'a des jours, j'ai envie d'être un homme.

    Pas un tout petit, chisclet, sensible, et qui plaît aux dames non: une baraque.2 mètres et des brouettes, 120 kilos ou plus, je ne me rends pas compte, des bras et des cuisses comme des poteaux télégraphiques et des mains, enfin pas des mains, des battoirs à linge comme ceux qu'utilisait ma grand-mère quand j'étais petite et qu'on allait laver le linge au lavoir.

    A la limite, je voudrais bien être Mouse, le tueur dans les bouquins de Walter Mosley. Petit et méchant et qui tue si tu le respires pas dans le bon sens.

    Enfin, un type quoi, avec presque de la bave au coin des lèvres. (J'ai une vision assez étrange de la virilité.)

    Je voudrais voir l'effet que ça fait, aller discuter dans les différentes administrations, ne pas comprendre ce qu'on me dit et porter sur le visage: "si vous m'expliquer pas mieux, j'écrase vos faces de rat sur le comptoir pour vous apprendre à vous exprimer correct". Et puis, de temps en temps, simplement laisser tomber ma main comme par hasard sur les gens qui me fatiguent trop les neurones.

    C'est vrai qu'avec mes 52 kilos toute mouillée…enfin 53…54... Vous voyez que vous en profitez que je sois pas le baveux décrit plus haut ! Bref, je ne me sens pas réellement crédible à aller traiter le fonctionnaire des impôts de face de rat humide.

    Enfin imaginons: je me balade dans la ville, je marche sur le boulevard et hop, celui qui me revient pas, je l'étale. Hop, ma main qui balance un peu trop et c'est plus sur le boulevard Royal que je me promène mais sur celui des Étalés ! Je laisse derrière moi un sinistre paysage qui force le respect de ceux qui sont devant: une traînée d'humains allongés bien en parallèle parce que j'ai un certain respect pour la symétrie.

    Lire la suite

  • La dissolution

    dissolution.JPGLa radio crie dans mes oreilles, je vais l’éteindre. J’ai passé ma soirée à répondre au téléphone et à user mes yeux sur l’écran. Je me serais bien laisser tenter par le film chinois qui passait au cinéma en bas mais non, une vieille flemme.

    Le silence relatif de la matinée m’appartient. Voilà, je m’offre un cadeau, écrire, le téléphone décroché, le thé sur la table orange. Le temps de penser ou le temps de ne pas penser. Au choix. Je ne suis obligée à rien. Non rien ne m’oblige. Je me laisse guider par l’envie. J’écris. J’ai le temps pour poser quelques pensées et les offrir telles quelles. Pour qui est le cadeau pour moi ? Pour vous qui lisez les mots ?

    Lire la suite

  • La maison derrière la vitre.

    hommeplage.gifJ'ai longtemps rêvé de maison.
    J'ai, dans ma petite chambre d'étudiante en son temps, puis dans mes studios parisiens, toujours imaginé les maisons où, plus tard, je me voyais vivre.
    Pour étayer mes rêves, je pillais les bibliothèques de tous les livres de décoration. Je me ruinais avec un plaisir extrême, en revues luxueuses, pleines du "chez soi" des autres, de bois précieux, de cuisines splendides.
    Les deux premiers romans que j'ai tentés d'écrire et surtout de finir, se nourrissaient de bâtisses anciennes retapées, et de jardins. Je créais là, ce que je ne pouvais ou ne savais créer ailleurs. Mes héros ou héroïnes y vivaient à tel point ! Je pouvais, dans mes mots, soigner une décoration issue de mes lectures et de mes rêves. J'habitais à la fois les maisons et l'histoire. Je me sentais chacun des personnages.
    Être à la fois une maison et un jardin, être un vieil homme et son exil, être les montagnes, la fuite, la joie, la violence, la mélancolie, la colère.
    Un moment, J'ai cru devenir amoureuse d'écrire, puis j'ai compris que j'habitais mes mots, que là se trouvait ma demeure.
    J'ai abandonné les livres et les revues que je feuillette désormais plus légèrement.Je ne m'inquiète pas de celle que jamais sans doute je ne construirais puisque je tente de la bâtir en moi. Mes mots devenant le reflet de ma propre architecture.
    J'ai passé des heures à rêver. J'ai passé des années à tenter de construire mes histoires.

    Lire la suite

  • Le loto de la mort, ou "Parisienne !"

    Grosso modo, si je résume bien ce que je vois,
    ce que j’entends
    ce que je pressens,
    depuis le temps que je vis à Paris et après avoir échappé de peu à l’attentat du RER Port-Royal* je ne peux que constater que j’ai autant de « chance » de me faire dézinguer par des terroristes que de gagner à l’euro millions...
    À un détail près : avec les terroristes, on est obligé de jouer …

     

     mh, parisienne, qui, bien que solidaire de tout ce qu’on veut, a quand même bien la trouille pour sa louloutte.

    *3 décembre 1996.

     

    Photo D'J'C': "La Fontaine des Quatre-Parties-du-Monde" Près du RER Port Royal.

     

  • Papier

    Mon meilleur ami pose son pc portable sur ses genoux. Il a hésité un instant devant la table ronde, mais l'inconfort des chaises l'a résolu à installer son attirail et lui-même dans le canapé. Nous travaillons dans la petite pièce. Il froisse du papier. Je frappe les touches d'Ivanhoé. Je suis tranquille.

    - Qu'est-ce que tu fais ?

    - J'écris un texte de la lettre et toi ?

    - Je finis une étude pour un client.

    - Ça te plait ?

    - Oui et toi ?

    - Oui... tu aimes " mh " ?

    - ...

    J'ai cessé d'écrire. Mon meilleur ami, qui ne voit que mon dos du canapé, demeure silencieux.

    - Tu me demandes si je t'aime ?

    Je me tourne vers mon ami.

    - Non non ! Non je... je voulais juste te demander si tu aimais la " mh " que j'écrivais.

    Lire la suite

  • Homme : Concept.

    552773852.jpgFinalement je n’avais pas bien saisi le concept.
    Dès que nous nous sommes installés ensemble, mon C ET T a perdu le chemin de la cuisine, elle n’était pas loin à l’époque, disons à 5 ou 6 mètres de son ordinateur et de ses platines.

    J’aurais dû être alerté quant à ces capacités de déplacements dans l’espace.

    Lorsque à la naissance de la puce, il n’a pas assisté au mode d’emploi d’une baignoire avec une enfant dedans, j’ai eu peur qu’après la cuisine, il ne perde la salle de bain.

    Disons qu’il s’agit davantage d’une perte de repères très dépendantes des cris de l’enfant et de l’état de nerfs de la mère.

    Ce n’est pas si grave.

    Lorsqu’il s’agit de s’atteler à des tâches spécifiquement masculines, enfin dans l’inconscient collectif et beaucoup dans le sien, il ne se dérobe pas. Il est même pointilleux à l’extrême.

    Lire la suite