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La lettre de mh, - Page 3

  • La ballade des pendus. (texte du 11 septembre 2001)

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    File:September_11_Photo_Montage.jpgLa folie c'est de penser que cela c'est passé. La folie c'est qu'ils ont rapproché le désastre de chacun. Ils l'ont mis tout près. Les faiseurs d'images du monde entier se trouvaient là pour que nous entrions dans l'intimité de la douleur, et de cela ils se sont servis.

    Même si la colère nous prenait à penser que d'autres n'avaient pas eu droit à l'exploration de leur mal et que, du coup, celui-ci nous avait paru plus lointain, ils avaient visé " juste ". Ils avaient atteint l'endroit où TOUTES les douleurs seraient comprises.


    " Frères humains qui après nous vivez ", cette phrase ne cesse de me trotter dans la tête.

    J'ai arrêté les paroles des transistors. Je sais que cela est arrivé et que cette douleur ils ont réussi à la rapprocher de moi, et la rapprochant, ils prennent le risque que les Hommes y réagissent avec sagesse.

    La détestation d'un système dont je profite, ne m'empêchera pas de penser à ceux là " Frères humains ", et tous les désastres me deviennent soudains plus proches, et celui-ci, désastre parmi les autres prend sa place.

    Qui suis-je, hors du temps, qui suis-je sur la roue même à me demander pourquoi je vis, et pourquoi ceux-là sont morts ?

    Vous les disparus, vous les souffrants, en tout temps et en tous lieux
    Me montreriez-vous ce qui en moi vous tue ?

    mh,

  • Mon grand-père faisait des cordes.

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    Mon grand-père faisait des cordes.

    Je me revois en train de tirer vers moi, de toutes mes forces un engin cruciforme en bois, et de le tourner sur lui-même. Le papi Solano au fond de la cour, et moi à l'autre bout, presque sur la route.

    Ce n’était pas des petites cordes  hein !

    Il était maigre, tout en muscles jusqu'à sa mort.

    En colère quasiment jusqu'au bout aussi.

     

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  • En dansant

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    Parfois, je ne peux rien y faire,
    je danse
    je marque le rythme que je peux
    je danse
    jusqu'à la transe quand je m'y laisse prendre
    Je danse avec des gens avec des arbres avec l'air avec le soleil avec ma souris (sic)
    ma tête se balade,
    je ne peux imaginer l'effet que je fais à ceux qui me regarde,
    cela me devient parfaitement égal.
    J'aime l'idée de danser dans des endroits parfaitement inappropriés
    juste cette magie de l'instant.
    Il m'est impossible de décrire cela avec des mots,
    mais
    je sais que tout a un rythme

    que certains silences se dansent aussi.

    (c) mh,

  • "... A l'exactitude."

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    "Même sublime, le travail d'un écrivain procède d'un terrain composite, parfois déplaisant (euphémisme), et ne vise pas au sublime, mais au plus inaccessible, au plus réticent: à l'exactitude. Et le miracle de sa production tient souvent de son lien avec le trouble général, voire de l'intimité de ses racines avec la défaillance, la pourriture, ou pire... "


    Extrait de la biographie de Virginia Woolf, par Viviane Forrester

     

    mh, qui cite.

  • Entrevue

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    clarice.jpg- Quelle est la chose la plus importante du monde ?

    - Faire en sorte que le monde soit digne pour toutes les vies humaines et pas seulement pour quelques-unes.

    Réponse de Pablo Neruda à Clarice Lispector (Lu dans: La découverte du monde)

     

    mh, qui cite.

     

     

     

    neruda-allende.jpg

     

  • Jour de viande… ou angoisse préhistorique.

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    Vieille note quoi=>(Note du 16/09/09 mais c'est l'automne et j'ai pris froid...)

    Ce matin, vêtue de mes peaux de bêtes les plus fines et armée du gourdin habituellement dissimulé dans les fourrés qui masquent l'entrée de ma caverne, j'attends le visiteur annoncé par les signaux de fumées de ma voisine Argaoum. (sic)

    L'angoisse monte, il fait un froid de chien baltique, pourtant des gouttes de sueur perlent à mon front. Argaoum n'est pas experte en signaux de fumées (râle pas Argaoum, c'est vrai) mais ils avaient la consistance de ceux qui annoncent le redresseur d'impôts ou la meute de loups affamés.

    Si vous étiez attentif à mes propos et aux péripéties d'une vie de mh, vous vous demanderiez, pourquoi cette pauvre enfant revêt ses atours tannés de frais et courts coupés pour accueillir l'inconnu menaçant. Sachez, mesdames et messieurs, qu'en ces temps préhistoriques, lorsque vous êtes une fille seule à chasser le bison avec les copines, il faut savoir saisir l'occasion de confier les tâches les plus ardus au moindre dominant de l'espèce qui se présente. En ces temps obscurs, il y a moins de risques à agencer la déco de la caverne ou à cueillir des bais en vous faisant lutiner par Nestor- homme malin et végétarien- qu'à courir après les protéines.

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  • Graine d’ANANAR !

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    medium_arton26.jpgJ’étais en noir.
    Une jupe courte sous le soleil.
    Les montagnes avaient cette couleur bleu-brume qu’elles prennent par beau temps.
    Le monde attendait devant la maison.
    Bien sur je ne pleurais pas. Ma sœur non plus. Cet air comme ça de tenir les émotions en exil ; de qui le tiendrait-on ?
    Les enfants vadrouillaient dans ce ramdam, stoïques et curieux, la lignée terrible. Ils avaient dormis au-dessus de leur arrière grand-père dans sa boite, tandis qu’en bas les filles veillaient leur père. Enfin non lui, il n’étais plus là. Cela se voyait qu’il n’était plus dans sa peau.

    Comment auraient-elles pu lui éviter l’église ? Et où on l’aurait rangé au cimetière ? Paquita, sa femme était dans la terre sous une croix en face du champs de blé comme elle souhaitait. Lui il voulait un caveau, pour tout le monde. Il fallait bien quelques concessions de part et d’autres !

    Ils sont venus avec leurs drapeaux. C’était un vieil espagnol avec un sale caractère mais aussi un vieux combattant : sa carte de résistant, il l’avait. Donc ils sont venus avec leurs drapeaux comme du bout des lèvres.

    A l’église, vivant, il n’y entrait pas. Il attendait devant. Ou parfois pour les grandes grandes occasions, il se mettait dans les bancs du fond. Attention pas au milieu : au bout du bout du banc le plus près de la porte !
    Ma sœur et moi chantions dans la chorale vu que l’autre grand-père, celui qui habitait face à l’église, avec la religion il rigolait pas une seconde.

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  • Gare au gorille.

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    kingkong.jpgY'a des jours, j'ai envie d'être un homme.

    Pas un tout petit, chisclet, sensible, et qui plaît aux dames non: une baraque.2 mètres et des brouettes, 120 kilos ou plus, je ne me rends pas compte, des bras et des cuisses comme des poteaux télégraphiques et des mains, enfin pas des mains, des battoirs à linge comme ceux qu'utilisait ma grand-mère quand j'étais petite et qu'on allait laver le linge au lavoir.

    A la limite, je voudrais bien être Mouse, le tueur dans les bouquins de Walter Mosley. Petit et méchant et qui tue si tu le respires pas dans le bon sens.

    Enfin, un type quoi, avec presque de la bave au coin des lèvres. (J'ai une vision assez étrange de la virilité.)

    Je voudrais voir l'effet que ça fait, aller discuter dans les différentes administrations, ne pas comprendre ce qu'on me dit et porter sur le visage: "si vous m'expliquer pas mieux, j'écrase vos faces de rat sur le comptoir pour vous apprendre à vous exprimer correct". Et puis, de temps en temps, simplement laisser tomber ma main comme par hasard sur les gens qui me fatiguent trop les neurones.

    C'est vrai qu'avec mes 52 kilos toute mouillée…enfin 53…54... Vous voyez que vous en profitez que je sois pas le baveux décrit plus haut ! Bref, je ne me sens pas réellement crédible à aller traiter le fonctionnaire des impôts de face de rat humide.

    Enfin imaginons: je me balade dans la ville, je marche sur le boulevard et hop, celui qui me revient pas, je l'étale. Hop, ma main qui balance un peu trop et c'est plus sur le boulevard Royal que je me promène mais sur celui des Étalés ! Je laisse derrière moi un sinistre paysage qui force le respect de ceux qui sont devant: une traînée d'humains allongés bien en parallèle parce que j'ai un certain respect pour la symétrie.

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  • La dissolution

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    dissolution.JPGLa radio crie dans mes oreilles, je vais l’éteindre. J’ai passé ma soirée à répondre au téléphone et à user mes yeux sur l’écran. Je me serais bien laisser tenter par le film chinois qui passait au cinéma en bas mais non, une vieille flemme.

    Le silence relatif de la matinée m’appartient. Voilà, je m’offre un cadeau, écrire, le téléphone décroché, le thé sur la table orange. Le temps de penser ou le temps de ne pas penser. Au choix. Je ne suis obligée à rien. Non rien ne m’oblige. Je me laisse guider par l’envie. J’écris. J’ai le temps pour poser quelques pensées et les offrir telles quelles. Pour qui est le cadeau pour moi ? Pour vous qui lisez les mots ?

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